Kessel

Les autres punchlines que vous avez loupées cette année

Salade de melon à la Punchie (2/2)

Punchline
4 min ⋅ 13/08/2026

Voici Punchline, la newsletter du duo Punchie. Nous sommes Félix et Jean, entrepreneurs et coachs depuis 8 ans, spécialisés dans l'amélioration de la performance des dirigeants et dirigeantes à travers les interactions et la communication. Notre mission : soulever les bonnes questions, décrypter les dynamiques d'équipe et aider les leaders à gagner en lucidité et à prendre des décisions.

Et voici le deuxième service de notre salade de melon estivale. Le principe de la salade de melon : un résumé express de deux articles de l'année, léger et facile à digérer, agrémenté du prosciutto des punchlines qui étaient restées en cuisine à l’écriture de l’article initial. Pour lire la salade de melon de juillet, c’est ici.

Ce mois-ci, on a choisi deux sujets qui se répondent : la grande surchauffe face à l'IA et le War Mode, cet état de sur-mobilisation permanente chez les dirigeants. En prime, ils sont une introduction parfaite pour notre prochain article en septembre. Mais fini de teaser, c’est parti.

L'article en une minute

L'IA promet la vie augmentée, la libération, l’accélération. Pourtant, c’est l’inverse qu'on observe chez beaucoup de nos coachés en ce moment : des dirigeants au bout du scotch, paralysés ou éparpillés, mais persuadés que tous les autres y arrivent, eux. Il faut dire que dans ce qui ressemble à une ruée vers l'or à l'aveugle et sous stéroïdes (on ne sait pas où on va, mais il faut y aller, et vite), ils sont les plus en pointe sur l’évolution de l’IA, et les premiers à encaisser les injonctions violentes qui viennent avec (“ta boîte est morte dans un an si tu ne t'y mets pas”).

Face à tout ça, les dirigeants oscillent souvent entre trois attitudes. Don Quichotte, l'agitation improductive : on lit tout, on vibecode jusqu'à pas d'heure, on suit tout ce qui sort, mais concrètement, pour la boîte… ça ne change rien. Thanos, le fatalisme apocalyptique : il y aura des gagnants et des perdants et donc… marche ou crève. Et Mère Teresa, le sauveur universel, qui veut embarquer ses équipes dans le train du salut et comprend mal pourquoi personne ne monte à bord.
Trois routes différentes qui mènent toutes vers le même mur : le cramage. Celui du dirigeant déjà, happé par le FOMO au point de s’épuiser et de laisser filer ses responsabilités d’aujourd’hui, à force d’avoir la tête dans le futur. Et celui des équipes, à qui on agite une menace existentielle sans donner ni le temps ni les moyens d'y faire face.

Le message à retenir, c’est que si le sujet vous rend dingo, vous n'êtes ni fous, ni nuls, ni seuls. Des forces structurelles massives sont à l'œuvre, dont tout un écosystème qui a financièrement intérêt à exploiter votre peur de louper le train. Et si on est bien d’accord qu’il va falloir prendre le train, ça peut valoir le coup de ne pas se précipiter dans la première rame qui passe, pour prendre le temps de réfléchir à son itinéraire.

L'article complet est ici, sa suite orientée solutions est ici.

La surprise du chef

Et voici les morceaux de prosciutto inédits qui avaient été retirés au dressage :


On est encore au stade de développement de l’IA où on confond moyens et objectifs. “Intégrer massivement l’IA” est un moyen, pas une fin. S’équiper, équiper ses équipes, utiliser des tonnes de tokens… toujours des moyens. On oublie la question “pour quoi faire ?” qui devrait pourtant venir en premier. Sans se poser cette question, on ne s’arme pas vraiment pour la guerre. À la rigueur pour un spectacle au Puy-du-Fou.


En début de coaching, on entend beaucoup de “vous avez vu le dernier outil ? ça y est, c'est plié, c'est mort”. Entre dirigeants, ça passe pour de la lucidité. Déjà, ça n’en est pas toujours. Et en prime, d’une part, la peur de mourir ça donne de l’énergie… mais uniquement à court-terme, et d’autre part, un salarié qui entend que la boîte va mourir entend un seul truc : son job va disparaître. Un dirigeant est habitué à côtoyer la mortalité de sa boîte, c’est son job… les salariés, non.


Celle-là est à lire deux fois si vous vous agacez de la lenteur d’adoption chez vos équipes. “Il suffit de tester les outils” est une phrase de privilégié. Parce que tester, c'est essayer, se planter, recommencer, prendre du temps, cramer du token à balle… Bref, c’est un luxe qui n’est pas forcément accessible à un opérationnel qui a des deadlines, des clients, un delivery à assurer. Et en prime, il est assez normal que vos salariés ne soient pas aussi passionnés que vous par la tech ni par l’avenir de la boîte. 

Si vous vous reconnaissez dans cette fébrilité, cette sur-énergie qui tourne un peu à vide, on a une question qui pique et qui fait une transition parfaite vers notre deuxième récap…

L'article en une minute

Vous avez remarqué le vocabulaire qu'on emploie généralement quand on parle d'IA dans les boîtes ? Marche ou crève, équiper ses troupes, monter au front, passer à l’offensive… Ce n'est pas un hasard : la panique IA emprunte son imaginaire à un état qu'on observe depuis des années chez les dirigeants, et qu'on a fini, chez Punchie, par baptiser le War Mode.

Le War Mode, c'est se mettre en mode commando, en mobilisation maximale… mais dans la durée. C’est se fixer un objectif lointain et immense (lever, faire un exit, atteindre une taille critique) et décider que tout le reste, d’ici à l’atteinte de l’objectif, devient secondaire. Le couple, le sommeil, les amis, les envies, la vie. On tient parce qu'après, quand l’objectif sera atteint, forcément, tout ira mieux d’un coup

Sauf que cet objectif est presque toujours flou, et qu'il ne libère jamais comme promis. Pensez à Serena Williams : cinq minutes après avoir magistralement regagné Roland-Garros, son objectif ultime, elle demandait déjà à son coach comment gagner Wimbledon. La victoire, c'est cinq minutes de dopamine, et puis… le vide. Car scoop : tous les problèmes laissés sur le côté en route ne se règlent pas d’un coup. Alors ils nous tombent dessus. Et pour les fuir, on remet une pièce dans la machine et on repart en War Mode vers un nouvel objectif, plus ambitieux, pas moins flou.

La sortie tient en deux mouvements. Mouvement 1 : découper le gâteau. Ça passe par un objectif défini avec précision, des sous-objectifs sur des périodes courtes, des quantités de repos intégrées au plan. Mouvement 2 : la bascule de fond qui consiste à cesser de bosser pour un instant libérateur, et bosser pour se construire dès aujourd’hui une vie qui nous va. 

L'article complet est ici !

La surprise du chef

Et voici les derniers morceaux de prosciutto de l'été :


Toute la mécanique du war mode tient là. Se donner à fond, c'est aussi un anesthésiant : ça évite de trop s’écouter. Parce que si on commence à s’écouter… non seulement on ne sait pas ce qui va remonter de tout ce qu’on a fourré sous le tapis avec le temps, mais en prime, on ne sait pas si on saura gérer. C’est l’intérêt de se faire accompagner.


L’un des compagnons du succès : la solitude. Quand on cartonne, qu’on atteint ses objectifs, qu’on réussit un exit, on perd aussi aux yeux des autres… le droit de se plaindre. Raison de plus pour se construire, dès aujourd’hui, une vie et des liens qui ne dépendent pas de notre win.


Celle-là est sur l’importance de ne pas confondre la vitesse et la sensation de vitesse. Un agenda plein à craquer, des journées à cent à l'heure, l'impression grisante de tout donner… ça c’est la sensation de vitesse. Au final, vous n’avez sûrement pas parcouru plus de chemin pour autant, mais vous êtes sacrément plus K.O.


Cette punchline parle moins de finir dans les ronces en forêt que du fait qu’à chaque fois qu’on essaye, chez Punchie, de tempérer un état de sur-excitation, sur l’IA ou autre, on nous traite de rabat-joies. Parce que le système dans lequel on vit glorifie l’épreuve, et incite à y trouver de la satisfaction au point… de chercher l’épreuve. C'est le piège du war mode érigé en culture : à force de célébrer ceux qui souffrent avec le smile, on risque de faire de la souffrance la preuve qu’on est vraiment méritant. Et celui qui ose dire “au fait, pourquoi les ronces ?” passe pour le rabat-joie de service.

Et voilà,

Cet épisode boucle notre série “salade de melon” estivale, on espère que vous l’avez trouvée savoureuse. On vous souhaite un excellent mois d’août, et on se retrouve à la rentrée avec un article très protéiné sur l’IA !

Félix et Jean

Envie de parler de vos sujets de dirigeants pour bien préparer la rentrée ?
Discutons-en :


Punchline

Par Félix & Jean Punchie

Nous sommes Félix et Jean, le duo Punchie, entrepreneurs et coachs depuis 7 ans, spécialisés dans l'amélioration de la performance des dirigeant·es à travers les interactions et la communication.
Si vous nous connaissez, vous savez qu’on aime bien travailler dans les coulisses. Être des compagnons de route, mais rester un peu dans l’ombre.
Eh bien c’est fini : avec Punchline, notre newsletter mensuelle sur Linkedin, chaque deuxième jeudi du mois, on met des mots sur les défis du leadership.